Maurice Rapin – Galerie Detais

Maurice Rapin (1)
Maurice Rapin (1)
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Montrer Maurice Rapin aujourd’hui est pour moi un grand honneur : ce livre prolonge le plaisir de la découverte, ou de la redécouverte, d’un artiste qui a pendant plus d’un demi siècle précédé les imaginaires de la peinture figurative.

Parcourant encore une fois ces pages sur lesquelles se fixe la mémoire d’un homme concis et prolifique, j’ai l’impression de traverser aux côtés d’un maître bienveillant l’histoire d’une école de peinture qui, derrière les mêmes couleurs, a réuni et réunit encore René Magritte comme Robert Combas, Clovis Trouille comme Pierre Monestier, Henri Cueco comme John Baldessari, Max Ernst ou Keith Haring.

Enjambant les frontières et les époques, transcendant les styles et ne s’abîmant pas dans les querelles de chapelles, la peinture de Maurice Rapin déploie sa puissance sur d’innombrables panneaux d’isorel, de bois ou de papier.

L’homme faisait feu de tout bois : laconique, choisissant avec parcimonie ses amis parmi ses nombreuses relations, il s’épanchait dans l’atelier solitaire de la maison de Chaville tout en se nourrissant de la fréquentation des artistes de son temps, mais aussi de poésie, de politique, de chimie ou de cinéma. Sans aucun doute, sa façon de faire image met en oeuvre une grande culture artistique et scientif ique et condense une époque artistique cruciale.

Montrer l’oeuvre de Maurice Rapin : une telle entreprise peut diff icilement rendre compte de l’ensemble de ses inspirations, de son travail, ou d’une recherche sans cesse en mouvement – j’ai voulu humblement rendre hommage à un immense peintre, un peintre caché en quelque sorte, tant, de son vivant, il s’est dérobé au succès.

Les oeuvres que nous exposons dans ce catalogue et sur nos murs, escortées par les mots de ses amis et par un important travail de recherche qui resitue et restitue Rapin, donnent l’occasion de vivre encore une fois l’histoire de la Figuration narrative en train de se faire, et de mesurer le rôle visionnaire que Maurice Rapin, et Georges Detais, ont pu y jouer.

Pour une galeriste, permettre à une oeuvre aussi importante de rencontrer de nouveau le public représente à la fois un défi et l’aboutissement d’un long travail, le sentiment d’un devoir accompli : celui de montrer ce qui était jusqu’alors invisible.

Sabine Bayasli


Maurice Rapin sur Wikipedia

Dossier de presse de l’exposition « Maurice Rapin – le peintre caché »


 

Quelques photos du vernissage (crédit François Séjourné) :

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